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07/06/2011 "L'honneur perdu des producteurs de concombres"

Parallèlement à la réunion des ministres de l'Agriculture à Bruxelles, les eurodéputés débattaient aujourd'hui en session plénière de l'épidémie bactérienne à E. coli. L'Allemagne, ainsi que le manque de coordination de l'Union européenne y ont été vivement critiquées, tandis que les parlementaires se sont largement prononcés en faveur d'une indemnisation des agriculteurs.

L'eurodéputé Francisco Sosa Wagner brandissant un concombre

Un commissaire à la Santé critique

Le commissaire européen à la Santé, John Dalli, a tout d'abord pris la parole pour rappeler que l'origine de la contamination n'était toujours pas connue. En considérant "crucial que les autorités nationales ne se bousculent pas pour donner des sources de contamination qui ne sont pas prouvées", il a implicitement critiqué l'Allemagne. Celle-ci avait en effet rapidement désigné les concombres espagnols comme principaux responsables.

Ce sont ensuite les graines germées qui ont été mises à l'index par les autorités sanitaires allemandes, avant d'être à leur tour innocentées. Pour le commissaire européen, ces hypothèses non vérifiées ne font "qu'alimenter les craintes de la population, des psychoses dans toute l'Europe, et [créent] des problèmes pour les producteurs de légumes".

Enfin, M. Dalli a justifié la décision de la Commission européenne de ne pas prendre de mesures au niveau européen. L'épidémie étant limitée principalement à la région de Hambourg, "toute interdiction des produits serait, d'après lui, disproportionnée".

Les eurodéputés espagnols en première ligne

Les parlementaires européens ont quant à eux avant tout plaidé pour une enquête plus rapide et rigoureuse sur l'origine de la contamination. Ils ont également assuré leur solidarité aux victimes et à leurs familles, alors que le bilan total s'élève désormais à 25 morts, dont 24 en Allemagne.

Cependant, pour l'eurodéputée écologiste Rebecca Harms, il est évident que "ni l'Allemagne, ni l'Union européenne n'étaient préparées à la diffusion de la bactérie E. coli". Elle a donc profité du débat parlementaire pour réclamer la création d'une autorité centrale européenne, à l'image de celle mise en place aux Etats-Unis, dotée de compétences importantes et d'un pouvoir d'intervention.

Elle a également dénoncé les difficultés de prises de décision au sein de l'UE, un avis partagé par l'eurodéputée conservatrice Françoise Grossetête qui déclare ainsi : "le problème est que la Commission n'est pas en mesure de contrôler la véracité des informations données par un Etat".

Mais ce sont avant tout les eurodéputés espagnols qui se sont fait entendre ce matin. Très critiques envers l'Allemagne, ils ont réclamé une indemnisation des agriculteurs. C'est le cas notamment d'Esther Herranz Garcia, députée conservatrice espagnole, qui a demandé que les agriculteurs espagnols pénalisés par ces accusations soient indemnisés par des fonds européens non utilisés.

Parmi tous les intervenants, c'est néanmoins l'eurodéputé Francisco Sosa Wagner (non inscrit) qui s'est fait le plus remarquer. Il a brandi un concombre pour demander la réhabilitation du légume, injustement accusé. "J'ai des origines allemandes, j'aime ce pays, mais à l'évidence les autorités allemandes, dans cette affaire, ont agi de façon précipitée et imprudente" a-t-il ainsi affirmé, ajoutant : "Nous devons défendre l'honneur perdu des producteurs de concombres".

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