Détails actualité

13/12/2011 Veto britannique : David Cameron reçoit les foudres des députés européens

Seul dirigeant européen à s'être opposé, le 9 décembre, à un nouveau traité destiné à sauver l'euro, le Premier ministre britannique est venu s’expliquer mardi 13 décembre devant le Parlement européen. Réunis en session plénière cette semaine, les députés européens ont écouté attentivement les déclarations de David Cameron qui n’a pas réussi à convaincre son auditoire. La majorité des eurodéputés a fustigé l'"attitude égoïste" de la Grande-Bretagne.

Relancer la croissance pour restaurer la confiance des citoyens

Alors que les résultats sur le Conseil européen relancent une nouvelle fois le débat européen, le Président du Conseil européen s’est voulu plutôt rassurant. Reconnaissant que la restauration de la confiance dans l'euro est plus difficile que prévu, Herman Van Rompuy a souligné que ce n'était pas la première fois que certains Etats membres allaient de l'avant avec un accord intergouvernemental. Il a rappelé que par la suite cela avait pu être intégré dans la législation européenne (c’est le cas par exemple de l'espace Schengen).

Le principal accord trouvé lors du sommet des 8 et 9 décembre, une règle d'or limitant les déficits budgétaires dans la plupart des pays de l'UE, a été salué par les députés européens.

L’hémicycle a néanmoins précisé que les stratégies économiques devraient aussi relancer la croissance pour restaurer la confiance des citoyens. Un avis partagé par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a également appelé à une relance de la croissance et de l'emploi pour restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs.


Le veto britannique largement condamné par l’hémicycle

Des échanges de vues tendus ont également eu lieu sur le principal sujet à l'ordre du jour de la session plénière : le véto britannique sur un nouveau traité européen.

Dans l’ensemble, les députés européens ont condamné le refus du Premier ministre britannique de s'associer à un nouveau traité destiné à sauver la zone euro. Ils ont souligné un manque de solidarité à un moment critique pour l'avenir de l'Union européenne.

"L’isolement britannique montre que le gouvernement de ce pays considère l’Union européenne comme une simple zone de libre échange sans aucune considération pour la solidarité et la responsabilité à l’égard de ses partenaires", a déclaré le président du groupe du Parti populaire européen (PPE-Centre droit). Selon Joseph Daul, il faut remettre en question le “chèque britannique”, une ristourne sur la participation de Londres au budget communautaire obtenue en 1984 par le Premier ministre Margareth Thatcher.

Guy Verhofstadt condamne également la décision du Premier ministre britannique. Dans quelques temps, « David Cameron [va] s’apercevoir qu’il a fait la gaffe de sa vie”, estime le président du groupe Libéral et démocrate. Selon le député européen belge, l'accord a mis un terme à la volonté franco-allemande de gérer la zone euro. " La discipline sans la solidarité n'est pas l'expression d'une véritable union", estime-t-il.

Martin Schulz (Socialistes et démocrates) a rappelé quant à lui que David Cameron avait refusé la régulation des marchés financiers alors même que ce sont eux qui, depuis la City, ont mené l'Europe et le monde dans la crise. Le député allemand a enjoint le Parlement européen à faire des propositions alternatives afin d'assurer la stabilité de l'UE, relancer la croissance et l'emploi et protéger la sécurité sociale.

"Nous ne voulons pas de cette tendance idéologique qui veut que l’on maintienne à tout prix l’euro à flot. Ce n’est pas une politique pour le XXIe siècle", a tenté d'expliquer le député européen britannique conservateur Jan Zahradil.


En savoir plus :

Ajoutez un commentaire

* - champ obligatoire

*



Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
Si vous ne pouvez lire toutes les lettres ou chiffres, cliquez ici.
*
*

Lire la charte