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01/07/2011 Jerzy Buzek : "Je souhaite un franc succès à la présidence polonaise !"

Ce 1er juillet la Pologne devient le quatrième "nouvel Etat membre" à prendre la présidence du Conseil de l'Union européenne. Ses priorités incluent, entre autres : la gouvernance économique, le renforcement de la politique européenne de défense et la négociation du budget post-2013. Pour le Président du Parlement européen Jerzy Buzek, interviewé par Toute l'Europe, la présidence polonaise promet d'être un succès.

Le 1er juillet, la Pologne prend la présidence du Conseil de l’Union européenne. La Pologne étant un Etat membre important et ambitieux, pensez-vous que cela permettra à sa présidence d'être plus visible que les précédentes ?

Jerzy Buzek : En fait, La visibilité et les réalisations d’un pays qui occupe une présidence ne sont pas nécessairement liées à sa taille. La communauté européenne peut se résumer ainsi : un pour tous et tous pour un. Si la présidence parvient à réaliser une part équitable de son programme, cela profitera à l’ensemble de l’Union européenne.

Les dirigeants du Parlement européen, la Conférence des présidents, ont exprimé leur soutien explicite aux priorités de la présidence lors de leur rencontre avec le gouvernement polonais, le 17 juin dernier, à Varsovie. Les six prochains mois seront déterminants pour l’Union européenne. Le traité de Lisbonne est désormais en place et il est temps pour l’Union d’accélérer le rythme. J’espère que la Pologne fournira un élan propice au changement.

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La présidence de la Pologne débute sur de bonnes bases. Le taux de soutien en faveur de l’intégration européenne est très élevé, de l’ordre de plus de 70 pour cent, et il s’agit du seul pays européen à ne pas avoir subi de récession causée par la crise financière mondiale. La Pologne semble déterminée à changer l’état d’esprit au sein de l’Union européenne, qui est actuellement assez sombre du fait de la crise grecque.

 


Quel sera le rôle de la présidence polonaise et quelles seront ses relations avec les autres principaux présidents européens, à savoir ceux de la Commission, du Parlement et du Conseil européen ? Plus particulièrement, de quelle manière la présidence polonaise va-t-elle coopérer avec le Parlement européen ?


J.B. : Le rôle de la Présidence polonaise sera celui d’un médiateur intègre lors des négociations, qui préparera le terrain pour les compromis. Suite à l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le pays qui occupe la Présidence ne préside plus le sommet et est remplacé par le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy. En ce qui concerne les questions relatives aux affaires étrangères et à la politique de sécurité, la décision revient à la haute représentante chargée des Affaires étrangères, la Baronne Ashton, qui préside le Conseil des Affaires étrangères. Le rapport avec le Président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, reste le même.

La présidence polonaise exprimera son opinion sur les domaines essentiels tels que l’agriculture, le transport, la concurrence, l’énergie et beaucoup d’autres.
Quant au Parlement européen et à son Président, c’est-à-dire moi-même, nous avons établi des relations cordiales avec la présidence hongroise, et comme j’entretiens déjà d’excellents rapports professionnels avec le Premier ministre polonais, Donald Tusk, ainsi qu’avec les autres membres du gouvernement polonais, j’ai toutes les raisons de croire que la “bonne entente” perdurera durant la Présidence polonaise.

Conformément au traité de Lisbonne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne co-décident sur 90 % de l’ensemble des lois européennes, nous sommes par conséquent destinés à coopérer. Notre coopération sera essentielle à un avenir prospère.


Les priorités polonaises ont été établies au mois de mai et englobent de nombreuses questions telles que la gouvernance économique, le renforcement de la défense européenne, l’énergie, les politiques de voisinage (notamment à l’égard des pays d’Europe orientale), la négociation du budget post-2013… Selon vous, parmi ces priorités, laquelle la présidence polonaise réussira-t-elle à réaliser ?

J.B. : Le verdict sur la Présidence polonaise qui sera prononcé à la fin de l’année dépendra essentiellement de deux éléments. Premièrement, au niveau technique, le bon déroulement de l’organisation et de la réalisation des réunions et des négociations, ainsi qu’une coordination et une gestion logistique parfaites, seront essentiels. La Pologne doit organiser 25 réunions informelles entre ministres ainsi qu’un sommet du partenariat oriental, ce qui n’est pas une mince affaire.

Deuxièmement, de nombreuses négociations vont avoir lieu. Par exemple, des accords seront conclus sur le “paquet” sur la gouvernance économique, sur le traité d’adhésion de la Croatie et éventuellement sur le traité d’adhésion de l’Ukraine.

Il est évidemment primordial que les négociations relatives au budget 2014-2020 de l’Union européenne soient amorcées, mais il est peu probable qu’elles aboutissent au cours de cette présidence. L’énergie est un domaine qui me tient particulièrement à cœur, c’est la raison pour laquelle j’ai proposé la création de la Communauté européenne de l’énergie. Une politique commune en matière d’énergie contribuerait à renforcer la position de l’Union européenne vis-à-vis des producteurs, consommateurs et pays de transit principaux. Je souhaite que la présidence européenne mette tout en œuvre pour progresser dans ce domaine.

En ce qui concerne la politique de voisinage, les politiques mises en œuvre avec les Etats du Nord et les Etats du Sud ne sont pas en concurrence mais doivent être considérées comme complémentaires. L’Union européenne se concentre à juste titre sur les politiques de voisinage avec les états du Sud, suite au Printemps arabe. La Pologne fait état d’une expérience essentielle pour contribuer à une réforme politique, économique et institutionnelle relative à la transition vers une démocratie et une économie de marché. Suite à la chute du communisme en 1989, la Pologne a reçu le soutien de l’extérieur. L’Union européenne devrait également se préparer à fournir un soutien similaire aux démocraties arabes naissantes, en cas de demande de leur part.

La Pologne devra également s’assurer du fait que l’Union européenne ne perde pas de vue ses voisins orientaux, et procède à la signature d’un partenariat et au renouvellement d’accords de libre échange avec, entre autres, l’Ukraine et la Moldavie, ainsi qu’à des négociations sur la légalisation de visas. En outre, le cas échéant, la Pologne devra également démontrer sa capacité de réaction face à des situations imprévisibles. Pour résumer, je pense que cette présidence présente toutes les conditions requises pour réussir, et je souhaite beaucoup de succès à la présidence polonaise.


Juste avant de prendre la Présidence de l’Union européenne, la Pologne a suscité un vif débat en refusant de réduire les cibles des émissions de carbone de l’Union européenne ou a été contrainte de cesser les extractions de gaz de schiste. Bien qu’un Sommet crucial sur l’environnement soit organisé à Durban à la fin de l’année, la présidence polonaise fait-elle preuve d’un manque d’engagement à l’égard des questions relatives à l’environnement ?


J.B. : La Pologne est un pays de plus de 38 millions d’habitants dont l’économie dépend essentiellement de l’industrie minière. Je comprends tout à fait les craintes de la Pologne qu’une hausse importante et rapide des prix des ressources énergétiques soit susceptible de causer une inflation, d‘être néfaste à son industrie, d’entraver les investissements étrangers et d’encourager les entreprises locales à délocaliser à l’étranger.

Je pense que la Pologne devrait considérer ce processus comme une opportunité et non comme une menace. La Pologne doit moderniser sa production énergétique, s’orienter vers des sources d’énergie plus propres, et en tirer tous les avantages. La Pologne n’est pas toute seule. L’Union européenne dispose de fonds considérables pour aider cette transformation, qui, de toute façon, est inévitable à long-terme.

En ce qui concerne le Sommet de Durban sur l’environnement, je suis persuadé que la Présidence polonaise sera bien préparée et s’efforcera de réaliser des progrès au profit de l’ensemble de l’Union européenne.



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