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24/01/2012 Zita Gurmai : "le peuple hongrois ne saurait être pris en otage par le discours populiste d'Orban"

Alors que la nouvelle Constitution hongroise fait débat, Zita Gurmai commente dans un entretien à Touteleurope.eu l'intervention du Premier ministre hongrois au Parlement européen le 18 janvier 2012. L'occasion pour la députée européenne de revenir sur le climat politique qui règne dans son pays.

Le débat sur la Constitution hongroise au Parlement européen mi-janvier restera dans les annales des discussions les plus animées au sein de l’hémicycle. Après la procédure lancée mardi 17 janvier par la Commission européenne à l’encontre du gouvernement hongrois, le premier ministre Viktor Orban est venu dès le lendemain s’expliquer devant  les eurodéputés.

Le président de la Commission européenne a expliqué que des lettres de mise en demeure ont été adressées à la Hongrie sur l'indépendance de sa banque centrale, celle de son système judiciaire et de son autorité de supervision des données. "Au-delà des aspects légaux, je demande à ce que la Hongrie respecte les lois démocratiques dans les faits et dans le meilleur intérêt des Hongrois" a déclaré José Manuel Barroso avant d’ajouter "nous n’hésiterons pas à prendre de nouvelles mesures, nous ne voulons pas qu’il y a ait une ombre qui plane sur la démocratie en Hongrie".

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán a estimé quant à lui que les problèmes soulevés par ces lettres pouvaient être "rapidement et facilement résolus". "Les mesures que nous avons prises dans l'année et demie écoulée étaient nécessaires car la Hongrie se trouvait au bord de la faillite en 2010". Les échanges de vues ont été des plus contrastés entre les différents courants politiques de l'assemblée européenne et sur la manière dont il convenait de réagir à la situation hongroise.

Joseph Daul, chef de file du groupe du Parti populaire européen (PPE) a souligné qu’il fallait s’en remettre à la Commission pour juger de la conformité de la constitution hongroise au droit communautaire.

Touteleurope en débat n°21 : La démocratie en Hongrie est-elle en danger ?

En réaction, Guy Verhofstadt (Libéraux et démocrates) a rappelé que "différentes organisations internationales avaient exprimé des craintes sérieuses sur la nouvelle constitution hongroise, les lois sur les médias et la banque centrale".

Le Vert Daniel Cohn Bendit est également sorti de ses gonds. "L’UE n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds mais une maison commune que nous construisons ensemble".

Selon Zita Gurmai, l'intervention de M. Orban n'est pas une bonne chose, il fallait attendre la réaction du gouvernement hongrois après la procédure d'infraction lancée par la Commission européenne avant d'organiser ce débat. "Il ne s'agit pas d'une question politique mais de la protection de la démocratie et des libertés du peuple hongrois. Le peuple hongrois qui est la première victime ne saurait être pris en otage par le discours populiste d'Orban", affirme la députée européenne (S&D).

Le député hongrois József Szajer (PPE) a défendu le gouvernement de Victor Orban en se voulant rassurant sur la situation politique dans son pays. "Les Hongrois n’ont pas peur, la Hongrie est un pays membre de l’UE qui respecte la législation européenne". Un sentiment que Zita Gurmai n'approuve pas. "J'ai souvent manifesté dans ma vie et lors du défilé contre la Constitution hongroise, pour la première fois j'ai eu peur", raconte-t-elle.

Au nom de la présidence Danoise du Conseil, le ministre des affaires européennes, Nicolai Wammen a rappelé que tous les Etats Membres se devaient de respecter les règles édictées par les Traités. En cas de doute, il appartient à la Commission "d'examiner et d'analyser la situation". "C'est exactement ce qu'elle est en train de faire", a-t-il poursuivi, en soulignant l'importance du dialogue avec la Hongrie.

L'affaire hongroise pourrait prendre une autre tournure après que le Conseil des ministres européens des Finances ait décidé le 24 janvier d'ouvrir la voie à des sanctions inédites pour déficit excessif contre la Hongrie, approuvant ainsi une recommandation en ce sens de la Commission européenne. Le jour même où cette dernière accueillait à Bruxelles Viktor Orban, venu s'expliquer sur sa constitution.


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