Les grands dossiers du Parlement

Droits des femmes : la parole aux députées européennes

A l’occasion de la Journée des droits de la femme, Touteleurope.eu a interrogé 6 députées européennes. De nationalité allemande, belge, bulgare, française, italienne et lettone, elles livrent leur point de vue sur la place de la femme dans leur pays, la parité dans le monde politique, leurs relations de travail avec leurs collègues masculins et présentent leurs priorités concernant la politique de l’UE pour améliorer l’égalité des sexes en Europe.

 

Députées européennes : Sonia Alfano, Franziska Brantner, Anne Delvaux, Sylvie Guillaume, Sandra Kalniete, Mariya Nedelcheva

 

Le PE en action : En tant qu'élue, quel regard portez-vous sur la place de la femme en politique ?

Sylvie Guillaume : Les femmes sont et depuis longtemps insérées et actives dans le monde politique. Mais, malgré des évolutions de mentalité, malgré les législations successives, la progression du nombre de femmes dans des fonctions électorales reste trop lente. En cause souvent, des contraintes d'organisation matérielle et familiale qui leur demeurent attribuées et qui constituent un frein majeur à leur progression.

Sylvie Guillaume (S&D, Française)

"la progression du nombre de femmes dans des fonctions électorales reste trop lente"

Or s’il est désormais largement – et heureusement, oserais-je dire !- admis que hommes et femmes ont les mêmes capacités à remplir de telles fonctions, les femmes se voient encore trop souvent confier des portefeuilles liés aux politiques sociales, en raison d'une prétendue sensibilité et d'un intérêt plus marqué pour ces questions, sous estimant ainsi leurs capacités à agir dans d'autres secteurs.

Franziska Brantner : Chez les verts, nous avons la chance d’avoir un quota, et il y a une autre attitude volontariste d’inclure les femmes et de les faire monter à la première place. Mais de manière générale, il y a encore des inégalités. Au Parlement européen, les femmes ne représentent que 34%, et au niveau des parlements nationaux, les chiffres sont assez proches. La chancelière Merkel est l’exception. Sur les 27 ministres des Affaires étrangères, il y a une seulement une femme. Il y a encore un long chemin à parcourir.

Sonia Alfano : Je crois - et je l’espère également - que la place de la femme en politique a la même valeur et le même poids que celle des hommes. De mon point de vue, peu importe si un(e) collègue est un homme ou une femme. La seule chose qui m’intéresse est qu’il/elle travaille avec soin, compétence et dévouement (...). Il existe de la méfiance vis à vis de la femme en politique et elle est particulièrement accentuée parmi les hommes politiques italiens.

Cependant il ne faut pas avaliser le mythe de la femme-victime. Certaines parmi nous ont atteint d'excellents résultats en termes de crédibilité, leurs compétences étant reconnues à l’échelle nationale et internationale. D'autres, malheureusement, ont eu accès à des fonctions publiques par des méthodes de recrutement peu orthodoxes : ce sont ces personnes qui jettent l'opprobre sur la figure et le rôle de la femme en politique, en les diminuant.

Mariya Nedelcheva : Très souvent encore j'ai l'impression que la place des femmes dans le monde politique n'est pas une idée qui va de soi, autant pour la classe politique que par la population.

En outre, je dois dire qu'en tant qu'élue, mais surtout en tant que citoyenne, je considère que la place de la femme dans le monde politique est essentielle. Il me semble que le progrès d'un Etat ne peut se faire sans les femmes, puisqu'elles, en participant à la prise de décisions, façonnent le projet de société le rendant plus équitable par plusieurs raisons.

Premièrement, la participation des femmes à la vie publique élargit l'horizon du débat politique puisqu'elles peuvent adresser les problèmes causés par une société inégale et discriminatoire. Je pense par exemple aux questions d'inégalité de rémunération et de discrimination à l'embauche, des impacts de la crise sur les femmes, des violences faites aux femmes, etc. De fait, il m'est difficile de concevoir un projet de société qui ne veille pas à subvenir à tous les besoins de sa population en excluant la vision des femmes.

Dans le même sens, si nous voulons promouvoir l'égalité entre les sexes, il faut que la volonté politique soit forte et pour cela il faut qu'il y ait aussi des femmes dans les postes importants de prise de décision et cela dans tous les domaines publics.

Mariya Nedelcheva (PPE, Bulgare)

Mariya Nedelchev"Si nous voulons promouvoir l'égalité entre les sexes, il faut que la volonté politique soit forte"

Mon expérience personnelle a été plutôt positive parce que mon parti, les Citoyens pour le Développement Européen de la Bulgarie (GERB), s'est engagé dès le départ à instaurer des règles de parité en son sein. Ainsi, les listes électorales pour les élections européennes 2009 ont été constituées par 50% de femmes et 50% d'hommes. Cette politique a certainement contribué à installer le principe de l'égalité entre les sexes dans le parti et nous sert d'exemple concret pour le projet de société que nous avons pour la Bulgarie.

Sandra Kalniete : Je considère que le 21e siècle est caractérisé par l’importance croissante qu’ont pris femmes en politique, car les politiques de pouvoir du 20e siècle ont progressivement évolué vers les politiques de coopération d’aujourd’hui. La diplomatie et le compromis sont des champs dans lesquels les femmes excellent ; elles sont de bons meneurs d’équipe et elles se fixent des objectifs.


Selon mon expérience personnelle en tant que femme politique en Lettonie je dirais que les difficultés que rencontre une femme en politique se présentent essentiellement au début, lorsqu’elle doit s’affirmer et prouver ses compétences. Lorsqu’elle a acquis une bonne réputation, les défis qu’elle rencontre au cours de sa carrière politique ne sont pas différents de ceux que rencontre un homme.

Anne Delvaux (PPE, Belge)

 Anne Delvaux"Combien de femmes politiques renoncent-elles à une part de leur féminité et de leur sensibilité féminine pour s'imposer ?"


Anne Delvaux : Selon moi, les femmes ont beaucoup à apporter à la politique… et au rayon de leurs qualités leur humanité figure en bonne place. Mais force est de constater qu'il n'y a toujours pas assez de femmes dans ce milieu - et je comprends d'ailleurs ces femmes qui n'ont aucune envie de se lancer en politique car non seulement il faut pouvoir concilier vie privée et vie professionnelle accaparante mais, en outre, il faut accepter d'intégrer un monde politique très masculinisé ! C'est un milieu qui reste essentiellement un univers d'hommes dans lequel, légitimité et féminité ne vont apparemment pas nécessairement de pair !

Combien de femmes politiques renoncent-elles à une part de leur féminité et de leur sensibilité féminine pour s'imposer ? Pour ma part, j'ai toujours refusé de gommer ce qui, je pense, doit être considéré comme une force. Mais ces inégalités sont observables dans bien d'autres univers professionnels! Ancienne journaliste, je suis issue d'un monde médiatique audiovisuel où cet aspect des choses est exacerbé. J'y ai beaucoup déploré et déplore encore plus que jamais que la femme y soit trop souvent déconsidérée ne fut ce qu'en terme d'accès aux postes décisionnaires. Pire, à l'ère de l'hyper-communication et du "tout à l'image", la femme est d'abord et parfois exclusivement instrumentalisée comme principal vecteur-attractif d'audimétrie. Tandis que les hommes restent eux considérés pour leur fond.

Le PE en action : Les femmes travaillent-t-elles différemment des hommes ?

Anne Delvaux : Oui, en-dehors de leur sensibilité qui leur est propre et sans tomber dans les stéréotypes, les femmes sont en général très appliquées, très organisées. Mais je dirais que ce qui les différencie surtout c'est qu'elles ne se lancent pas en politique nécessairement pour les mêmes raisons que les hommes. Pour beaucoup d'hommes, il y a d'abord une question de prestige, de pouvoir tandis que leurs homologues féminins semblent moins souvent motivés par ces questions-là.

Sandra Kalniete (PPE, Lettone)

 

Sandra Kalniete "A la différence des hommes, les femmes n’ont pas peur de s’entourer des meilleurs éléments"

Sandra Kalniete : L’une des principales différences entre le travail d’une femme et d’un homme en politique est la constitution d’une équipe. A la différence des hommes, les femmes n’ont pas peur de s’entourer des meilleurs éléments, même s’ils sont plus forts qu’elle sur certains aspects, ce qui est plus difficile pour un homme.

Sonia Alfano : La compétition mise à part, absolument oui! Il est certain que la femme en tant que telle est plus concrète et organisée dans sa façon de travailler. Cela n’est pas un cliché, les femmes ont quelque chose en plus. Fruit de la maternité, peut être, mais pas seulement. Par rapport à un homme, une femme est habituée à faire plusieurs choses à la fois et cela se reflète dans la dimension professionnelle.

Le PE en action : Quels rapports entretenez-vous avec vos collègues masculins du Parlement européen ?

Anne Delvaux : Au Parlement européen, les rapports avec mes collègues masculins sont très cordiaux. Il faut dire que nous ne sommes pas dans des rapports d'opposition politique identiques à ceux qui prédominent sur le terrain national ! Les conflits inter-personnels sont rares au Parlement européen, les tentations mysogynes le sont aussi.

Mariya Nedelcheva : J'ai une excellente relation avec mes collègues masculins. Je dois dire qu'au Parlement Européen, le respect mutuel est un principe pilier. Je crois, de fait, que la question de l'inégalité entre les sexes ne se pose pas dans cette institution mais plutôt au niveau de l'accès aux listes électorales, aux postes à responsabilités dans les partis, aux parlements et gouvernements que peuvent avoir les femmes dans leurs pays. Cette problématique doit d'ailleurs, à mon sens, être une priorité de l'Union Européenne.

Cependant, dans les conversations avec mes collègues, on se rend compte que ce n'est pareil dans tous les pays. De fait, souvent c'est grâce aux quotas que les femmes  ont pu avoir accès au monde politique. Il est important, pourtant, de dire que même si les quotas sont un moyen par lequel on peut promouvoir la place des femmes dans la société, ceci ne doit pas remplacer le mérite et les qualités que les personnes ont.

Sandra Kalniete : Je ne classe pas mes collègues selon leur genre ; je n’accorde pas d’importance au fait qu’ils soient des hommes ou des femmes. Je préfère travailler avec des professionnels des deux sexes. Ce qui m’importe, c’est leurs compétences professionnelles. J’essaie d’éviter de travailler avec des personnes qui n’agissent pas de façon assez professionnelle dans leur domaine d’activité.  

Sonia Alfano (ADLE, Italienne)

Sonia Alfano"Mes rapports avec mes collègues masculins au Parlement européen sont excellents ! Rarement je me suis sentie marginalisée en tant que femme"

Franziska Brantner : au Parlement européen, on ne peut pas mettre ni les hommes ni les femmes dans une catégorie mais c’est vrai qu’au sein de la commission affaires étrangères tout le bureau est masculin et ça crée une autre atmosphère que dans une commission où il y a plus de femmes.

Sonia Alfano : Excellents ! Rarement je me suis sentie marginalisée en tant que femme. Au contraire, mes collègues et mon électorat m’ont toujours évaluée au vue de mon activité, de ce que je dis ou de ce que je fais au jour le jour. En l’espèce, j’ai été choisie comme rapporteure d’une résolution très importante relative au crime organisé dans l’Union européenne, qui a été approuvée par le Parlement européen le 25 octobre dernier.

Cela a été un véritable succès, auquel pas tout le monde croyait, mais qui changera le sort de la justice au niveau européen. Vu l’aboutissement de ce projet, je ne crois pas que mes collègues hommes me considèrent comme "inférieure" puisque je suis une femme.

Le PE en action : Quelle est la situation de la femme dans votre pays ?

Mariya Nedelcheva : Aujourd'hui, les femmes bulgares peuvent compter sur un gouvernement qui est en train de tout mettre en place afin de leur garantir leurs droits fondamentaux et à promouvoir leur développement. La preuve c'est qu'aujourd'hui nous avons des femmes très compétentes et qualifiées dans tous les secteurs et aux plus hauts niveaux. Par exemple, la Vice-présidence de la République, la Mairie de la Ville de Sofia,  les Ministères du Développement régional et des travaux publics, de la Justice et de l'Environnement et des Eaux, et la Présidence de l'assemblée nationale sont tous des postes occupés par des femmes.

Sonia Alfano
: Tout au long de ces dernières décennies la situation de la femme en Italie a certainement beaucoup évolué, depuis époque où les femmes travailleuses ne représentaient qu’une minorité. Aujourd’hui leur nombre a considérablement augmenté et de plus en plus de femmes accèdent à des fonctions prestigieuses. Cela ne veut pas dire qu’il est devenu simple pour elles de s’imposer dans le monde du travail où le management est souvent trop masculin. Il est incontestable qu’elles doivent faire encore des efforts bien plus importants que ceux des hommes pour acquérir une crédibilité professionnelle.

Concernant la parité, les différences qui se perçoivent sont le fruit d’un héritage culturel d’antan. En Italie nous n’avons jamais eu une femme Président de la République ou une femme Président du Conseil des Ministres. Ce que je regrette, c’est que cela n’est guère dû à la pénurie de femmes compétentes, courageuses et à la hauteur du rôle.

Sandra Kalniete : En 1918, les femmes ont obtenu le droit de vote dans notre pays, ce fût le premier acte légal de l’état nouvellement fondé. Je suis membre du parti politique (l'Unité) qui compte le plus grand nombre de femmes. Le président du parti est une femme et parmi les membres de la direction, 50% au moins sont des femmes. Les femmes jouent un rôle important dans les affaires publiques et économiques. Comparée aux autres Etats membres, la situation en Lettonie est bien meilleure. Mais nous pouvons toujours aspirer à atteindre le niveau des pays nordiques.

En Lettonie, le chef de l’Etat qui jusqu’à présent a été le plus populaire est une femme, Vaira Vike-Freiberga (1999-2007) et la présidente actuelle du Parlement letton est une femme, Solvita Aboltina.

Anne Delvaux : La situation des femmes en Belgique est globalement bonne, en tous cas, au niveau de la représentation politique : dans notre pays, accéder à la politique est assez aisé car la parité est imposée sur les listes électorales. Ainsi, le principe de la "tirette intégrale" (répartition un homme/une femme sur toute la liste électorale) sera même la règle à partir de 2018 pour les scrutins communaux à Bruxelles. Je m'en réjouis..!

En Belgique, une loi récemment adoptée permet également aux femmes d'être présentes à concurrence d'au moins un tiers dans les conseils d'administration des entreprises cotées en bourse et des entreprises publiques. Sur la question proprement dite de l'instauration de quotas en politique ou ailleurs, je pense que c'est un mal nécessaire. (…). Le plafond de verre n'est pas une simple représentation symbolique de ce qu'à un certain niveau les femmes sont bloquées dans leur progression professionnelle n'accédant pas facilement aux  hautes fonctions.

La parité n'est toujours pas respectée ni même en matière d'égalité salariale (d'après l'OCDE, en 2009, en Belgique, une femme gagne en moyenne 8,9% de moins qu'un homme pour un emploi temps plein), ni au niveau des pensions où une femme touchera toujours moins en tant que pensionnée qu'un homme.

Sylvie Guillaume : Il faut regarder la réalité en face : la crise en France a un impact particulièrement important sur la situation sociale des femmes, qui sont les premières touchées par la précarité. A cela s’ajoute la persistance des inégalités salariales et un isolement de plus en plus fréquent puisque le nombre de familles monoparentales, à 86% composées par des femmes, continue d'augmenter dans notre pays. Ces priorités d’action sont incontournables.

La parité est quant à elle plus le résultat du mode de scrutin de liste que d'une réelle volonté politique des partis, ces derniers préférant trop souvent payer les amendes prévues par la législation française (moins de 20% de femmes occupent les bancs de l'Assemblée nationale). Je crois qu’aboutir à une parité réelle nécessite d'articuler contraintes et incitations, car les législations ne transformeront pas à elles seules la société, de la même façon que sans elles, les progrès dans les mentalités resteront insuffisants. Dans un autre ordre d’idées, la parité, notamment dans les hautes fonctions, n'a pas été non plus jusque-là respectée ; il faudra voir si les incitations prévues par la loi de janvier 2011 sur la représentation des femmes au sein des Conseils d'administration auront un réel impact.

Franziska Brantner : en ce qui concerne la parité, l’Allemagne se place au dernier rang dans beaucoup de dossiers. Par exemple concernant les modes de gardes des enfants, et aussi concernant les salaires où ceux des femmes sont inférieurs de 23% à ceux des hommes alors que la moyenne européenne est à 17%. Concernant les conseils exécutifs, la part des femmes y est très faible également.

 

Le PE en action : Que peut faire l'Union européenne pour renforcer l'égalité des sexes ?

Mariya Nedelcheva : L'UE Européenne et ses institutions ont un rôle clé à jouer dans la lutte pour l'égalité entre les hommes et les femmes à tous les niveaux. L'UE a le devoir non seulement de sensibiliser et d’éduquer l'opinion publique mais aussi de d'élaborer des politiques publiques concrètes et ciblées qui visent à améliorer la condition et la place de la femme dans la société toute entière. Il est temps que les Etats membres prennent l'engagement de faire de l'égalité entre les sexes une de leurs priorités et ainsi, ratifier et appliquer toutes les législations qui sont dégagées par les institutions.

Je pense par exemple, à la question de l'inégalité de revenus entre les hommes et les femmes (…), ceci n'est qu'un seul exemple de tout ce qu'il reste encore à faire afin d'assurer l'égalité entre les hommes et les femmes en Europe.

Sandra Kalniete : Tout d'abord, le Parlement européen doit aborder la question en interne. Par exemple, au sein du Parti populaire européen (PPE), il n'y a aucun vice-président féminin et la Commission européenne compte seulement 9 femmes sur 27 commissaires européens.

Anne Delvaux : Il reste beaucoup à faire pour remédier à l'inégalité des sexes au sein de l'UE... mais en tous cas, au Parlement européen, la volonté est là ! Ainsi, la semaine dernière encore en commission Femmes et Egalité des genres, nous avons voté le rapport annuel sur l'état de l'égalité des sexes dans l'UE pour 2011 (Sophie in 't Veld ADLE, NL). Il demande à la Commission européenne de présenter une proposition législative visant à introduire des quotas pour augmenter la représentation féminine dans les instances politiques, administratives et au sein des organes de gestion des entreprises de 30% en 2015 et de 40% d'ici à 2020.

Des quotas électoraux ont été introduits avec succès en France, Espagne, Belgique, Slovénie, au Portugal et en Pologne. Par conséquent, ils doivent être considérés comme une option, en particulier dans les pays à faible représentation des femmes car, en moyenne dans l'UE, seuls 12% des cadres et seuls 3% des présidents sont des femmes. Autre élément important dans le rapport que nous venons de voter, la réduction de l'écart de rémunération entre les femmes et les hommes en vue de répondre à la crise actuelle. Le rapport voté se donne un objectif européen d'égalité salariale (…) Il passera en plénière à Strasbourg le lundi 12 mars... j'invite évidemment tous les députés à le voter.

Sylvie Guillaume : Pour ce qui est de la lutte contre les inégalités hommes-femmes, les prises de position et les incitations du Parlement européen et de la Commission sont nombreuses mais ont des effets insuffisamment contraignants, voire aucun ! C'est pourquoi la priorité est de rendre effectives et de faire respecter les directives en faveur de l'égalité femmes-hommes. En amont, différentes propositions contenues dans la directive sur le congé maternité, telles la création d'un congé paternité et l'allongement du congé maternité, permettraient de faire évoluer les mentalités. En aval, la lutte contre les discriminations, notamment salariales, devrait constituer l'autre aspect important de l'action européenne. Or, la directive cadre anti-discriminations que demande le Parlement depuis déjà longtemps, est restée lettre morte depuis la communication de la Commission sur le sujet en 2008.

Franziska Brantner : Il existe déjà plusieurs dispositions dans les traités et la charte des droits fondamentaux mais il reste encore beaucoup à faire. L’UE pourrait avancer sur cette promesse qui a été faite dans le traité de Rome concernant l’égalité hommes femmes. D’autres thèmes font également l’objet de préoccupations au niveau européen : la violence à l’encontre des femmes, la traite des femmes à des fins d'exploitation sexuelle et également comme l’a annoncé Mme Reding, la question des quotas.

Franziska Brantner (Verts, Allemande)

Franziska Brantner"Il existe déjà plusieurs dispositions dans les traités et la charte des droits fondamentaux mais il reste encore beaucoup à faire"

 

Sonia Alfano : Protéger les droits de la femme en tant que mère et travailleuse représente, à mon avis, l’un des plus grands défis dont cette Europe à 27 – bientôt 28 – est tenue d'y faire face. Aligner les droits des mères sur les droits des pères en termes de congé parental pourrait certainement être utile à réduire les inégalités de genre et à favoriser le positionnement stable des jeunes femmes sur le marché de l’emploi.

Cela dit, l’UE a également l’obligation morale d’un engagement sérieux afin de combler l’écart de rétribution entre hommes et femmes. Il est intolérable qu’en 2012 les femmes gagnent 86 euros tous les 100 euros gagnés par les hommes. C'est seulement en poursuivant des résultats concrets dans ce domaine, seulement en combattant cette bataille de civilisation, que nous pourrons nous projeter vers une véritable égalité des genres, autant convoitée, mais bien loin d’être une réalisation de fait.

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