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20/09/2011 Rodi Kratsa Tsagaropoulou : "La réponse à la crise grecque est trop timide"

Rodi Kratsa-Tsagaropoulou est députée européenne, grecque et membre du Parti Populaire européen (PPE). A l'occasion des "petits déjeuners européens" organisés par l'Ecole Nationale d'Administration (ENA), elle est intervenue sur le thème "La Grèce et l'Union européenne : perspectives financières et économiques". L'occasion pour l'eurodéputée de faire le point sur la grave crise que rencontre le pays et d’avancer quelques pistes pour en sortir.

"Le parti au pouvoir ne peut s’en prendre qu’à lui-même"

A l’occasion de cette rencontre, Mme Kratsa-Tsagaropoulou a tenu à saluer le travail du Parlement européen qui, a-t-elle rappelé, a été le premier à adopter le plan d’aide à la Grèce et la mise en place du Fonds européen de stabilité financière.

Les petits déjeuners européens de l'ENA

Dans le cadre des formations à l'Europe qu'elle propose chaque année, l'Ecole nationale d'administration donne à ces auditeurs un accès privilégié aux députés européens à l'occasion des sessions plénières à Strasbourg. Ainsi, dans le cadre du Cycle 2010-2011 :  "La nouvelle régulation financière en Europe", le neuvième "petit déjeuner européen" a eu lieu dans les locaux de l'ENA à Strasbourg le 14 septembre dernier sur la thématique "La Grèce et l'Union européenne : perspectives financières et économiques". 

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L’eurodéputée grecque a ensuite procédé à une attaque en règle du gouvernement actuel de Georges Papandreou (PASOK, socialiste), en dénonçant le caractère "socialement injuste et économiquement inefficace" des mesures prises pour sortir de la crise, telles "le recours à la taxation et à l’imposition des revenus les plus bas". Puisque les couches défavorisées consomment plus que les populations plus aisées, la députée propose, à la place de la baisse des taux d’intérêt, des compensations de perte du pouvoir d’achat via des allocations sociales.

Pourquoi le pays ne parvient-il pas à s'en sortir ? Selon la députée, "le parti au pouvoir ne peut s’en prendre qu’à lui-même", étant données "sa relation clientéliste avec les citoyens et sa grande complicité avec les syndicats qui expliquent l’importance du secteur public". Le PASOK devrait alors s’efforcer de collaborer plus efficacement avec la Troïka (Union européenne, BCE, FMI), en vue de l’adoption d’un programme réaliste mais aussi plus ambitieux. En effet, les deux parties avaient convenu d’un accord pour le versement de la dernière tranche du plan d’aide (1,3 milliard d’euros) en septembre, mais le gouvernement a échoué à mettre en place toutes les mesures d’austérité prévues.

Le programme que prône alors Mme Kratsa-Tsagaropoulou passe par un équilibre entre assainissement budgétaire et croissance, à travers des mesures de rationalisation des dépenses publiques d’une part, et de stimulation du marché du travail et l’économie réelle d’autre part.

Renouveler l'esprit européen de solidarité

Vice-présidente du Parlement européen, Rodi Kratsa-Tsagaropoulou est l'auteure d'un rapport sur la contribution de la politique régionale de l'UE à la lutte contre la crise économique et financière.

Toutefois, la députée souligne que le sauvetage de la Grèce, et plus globalement la lutte contre la crise économique et financière, nécessitent un renforcement communautaire. "Ni les mécanismes de soutien, ni la capacité d’absorption des fonds structurels proposés par la Commission, ni même l’effort entrepris par le pays, ne dispensent l’Union européenne de s’interroger sur la pertinence et les conditions du calendrier imposé à la Grèce".

Mme Kratsa-Tsagaropoulou en appelle à la solidarité de l’Europe vis-à-vis de son pays, afin de "sauver nos acquis et protéger nos intérêts dans un monde qui change de manière compétitive et menaçante. Ceci est d’autant plus urgent que nos économies se fragilisent continuellement, nos sociétés sont souffrantes et les nouvelles générations perdent confiance dans le monde politique".

Les réponses proposées par les gouvernements européens sont restées "timides", juge la députée : "on aurait voulu des mesures plus généreuses et efficaces, telles que des euro-obligations pour la gestion commune de la dette". Or la crise peut justement permettre de réfléchir ensemble à des projets d'avenir commun, qui ne passent pas seulement par la finance, mais aussi la recherche ou l'éducation.

En réponse aux questions de ses auditeurs, la vice-présidente a ensuite précisé que les divisions politiques nationales portaient sur de nombreux volets des plans d’austérité, mais que le parti auquel elle appartenait (Nouvelle Démocratie, conservateur) avait voté plus de la moitié des réformes. Il existe ainsi un consensus sur l’impératif de limitation du déficit budgétaire. Quant au peuple grec, il reste "profondément européen", bien que souffrant et désespéré : il ne dispose plus, matériellement parlant, de marge pour financer la dette du pays.

Enfin, plusieurs interrogations portaient sur les relations entre la Grèce et son voisin turc. Bien que celles-ci soient amicales (en démontrent notamment les Conseils de ministres communs), a rappelé la députée, la question militaire reste prédominante puisque la Turquie menace les eaux territoriales de la Mer Egée et souhaiterait se poser en "gardien de la Méditerranée", sans compter ses 30 000 soldats déployés à Chypre. Dès lors, les dépenses militaires grecques représentent plus de 3 fois les dépenses européennes moyennes. Pour autant, la Grèce, y compris l’opposition, reste favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union.

 

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