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12/09/2012 Barroso propose un pacte décisif sur l'avenir de l'UE

C’est désormais un rituel : comme chaque année le président de la Commission européenne a présenté ce matin son discours sur l’état de l’Union aux députés européens. Réunis pour une session plénière de rentrée, les eurodéputés ont écouté attentivement les propositions de José Manuel Barroso avant de prendre la parole. Saluant pour les uns ce nouveau pacte pour l'Europe et fustigeant pour les autres le manque d’éléments novateurs, les députés n’ont pas hésité à critiquer, relancer et interpeller le président de l’institution bruxelloise.

Vers une fédération d’Etats nations

Sur le modèle du discours américain sur l’Union, le président de la Commission européenne, le ton grave, a tenté de mobiliser les membres de Parlement européen afin de mettre sur la table les bases d’une nouvelle réflexion sur l’avenir de l’Europe. "Il faut cesser de répondre aux questions d’aujourd’hui en utilisant les réponses du passé" a lancé M. Barroso en rappelant que tous les Etats membres étaient dans le même "bateau". "La loyauté est la seule chose que l’on peut exiger de l’équipage (...) nous devons être clairs sur notre détermination à réformer ensemble l’Union", a-t-il souligné.

Faisant trembler quelques pupitres dans l’hémicycle, le président de la Commission a présenté son projet d’Union politique. "L'Union européenne doit évoluer vers une véritable union politique et modifier ses traités fondateurs pour devenir une fédération d'Etats-nations", a-t-il déclaré en précisant que "la création de cette fédération d'Etats-nations exigera au final un nouveau traité". Ce nouvel arsenal juridique devrait être présenté avant les élections européennes qui auront lieu en 2014.

Mais avant ce chantier, M. Barroso souhaite que l’UE prenne "des mesures concrètes avec une union politique à l'horizon". Le président a insisté pour une "européanisation" des enjeux des prochaines élections européennes en juin 2014. Pour ce faire, les partis européens pourraient désigner à l'avance leur candidat à la présidence de la Commission européenne.

Après les remerciements du député européen Joseph Daul (PPE, France) adressés au Président, le député européen Guy Verhofstadt (ADLE, Belgique) a été plus nuancé demandant à l’orateur d’aller plus loin dans son projet. Daniel Cohn Bendit (Verts/ALE, France) a repris quant à lui l’idée de "boussole" évoquée par M. Barroso en lui demandant plus d’éléments précis sur son programme. Le député vert a ensuite eu quelques échanges électriques avec le député britannique William (The Earl of) Darthmouth.

Le député français Jean-Pierre Audy (PPE) est quant à lui prudent : "ne confondons pas vitesse et précipitation. Ce qu'il nous faut aujourd'hui, c'est une Europe des résultats : une supervision européenne des banques, des infrastructures, des économies budgétaires, une Europe sociale etc".

Union bancaire et croissance économique

Le "pacte décisif" présenté par M. Barroso repose sur une union politique et également économique. Après avoir parlé de loyauté, le président a souligné que les Etats membres "ne pouvaient pas espérer la confiance des marchés si nous n'avons pas confiance les uns en les autres". 

Officialisant les propositions du commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, le président de l’institution a expliqué les avantages d’une supervision centralisée des 6 000 banques de la zone euro. "La Commission présente des propositions législatives en vue d'un mécanisme unique de surveillance (…) c'est un saut quantique - un tremplin vers une union bancaire", a-t-il affirmé.

Ce projet d’Union bancaire prévoit que la BCE assume la supervision de toutes les banques de l'UE : "La supervision doit pouvoir s'appliquer partout car les risques systémiques peuvent se loger partout", a-t-il indiqué.  

José Manuel Barroso a également annoncé la présentation par la Commission européenne d’un document sur les objectifs d’une union économique et monétaire prévu à l’automne. "Pour obtenir des résultats durables, il nous faut nous doter d’une véritable gouvernance économique communautaire ainsi que d’une capacité budgétaire communautaire crédible", a-t-il indiqué.

Commentant la situation grecque, M. Barroso est confiant : "si la Grèce respecte ses engagements, elle mérite de rester parmi nous et de conserver sa place dans la zone euro". "Je pense réellement que l'occasion nous est donnée, cet automne, d'arriver à un tournant, si la Grèce écarte définitivement tous les doutes relatifs à sa volonté d'engager les réformes requises mais aussi si tous les autres pays ne laissent subsister aucun doute quant à leur détermination à maintenir la Grèce dans la zone euro, nous pouvons y parvenir".

Le député européen Diogo Feio (PPE, Portugal) a salué les propositions "réalistes" de M. Barroso qu’il faut maintenant expliquer aux citoyens. Le chef de file des socialistes, M. Swoboda (S&D, Autriche) a souligné pour sa part qu’il fallait "un calendrier adapté aux progrès des citoyens".

Dans les couloirs du Parlement européen, l’heure est à l’analyse de ce discours très attendu. Un discours fort et réaliste présentant de nombreuses réformes mais dont certains points ne sont pas assez clairs pour beaucoup de députés. Union bancaire, budget pluri-annuel, croissance, les prochaines rencontres entre les dirigeants européens prévues en octobre, novembre et décembre devront clarifier ces nouveaux défis.


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