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13/03/2013 Bruno Le Maire promeut sa vision de l'Europe au Parlement européen

L'ancien ministre aux Affaires européennes et à l'Agriculture, aujourd'hui député UMP de l'Eure, était en visite mardi 12 mars au Parlement européen de Strasbourg dans le cadre d'une tournée européenne. L'occasion de rencontrer ses collègues du Parti populaire européen, le président du Parlement Martin Schulz mais également les journalistes français à qui il a présenté les grandes lignes de son 'projet pour l'Europe' alors qu'il publie chez Gallimard un ouvrage sur son expérience au gouvernement, "Jours de pouvoir".

Son interview dans Le Monde lui a valu les foudres du journaliste Jean Quatremer (Libération) qui l'a qualifié de populiste, mais Bruno Le Maire continue de brandir sa vision critique de l'Europe, "la vision critique d'un Européen convaincu", selon ses propres mots. Pour le député français, face à la crise l'Europe déçoit, et les réponses qu'elle apporte n'aboutiront qu'au rejet européen par les citoyens et à la montée des populismes.

Pour l'ancien ministre aux Affaires européennes, l'Union européenne n'est aujourd'hui qu'une succession de normes dénuées de toute vision politique. Il faut, dès lors, remettre au coeur du projet l'emploi, les PME, l'industrie européenne, l'innovation. Pour 'réformer' l'Europe, celui qui, comme le dit Jean Quatremer, a été lui-même aux affaires, préconise de ne pas s'attaquer aux changements institutionnels, même s'ils pourraient être la conséquence nécessaire d'un changement de politique.

Bruno Le Maire défend ainsi une progression sur les sujets majeurs que sont l'Union économique et monétaire, l'harmonisation fiscale et sociale, notamment le coût du travail. Et pour cela, il faut, dit-il, travailler au niveau de la zone euro, à 17. "Avancer à 27 est impossible" explique-t-il, comme il a pu le constater en représentant la France au Conseil de l'Union européenne sous le précédent gouvernement. Comment faire alors pour les questions qui requièrent l'unanimité des 27 Etats membres ? "L'unanimité à bond dos", lance M. Le Maire, "si on veut progresser sur l'harmonisation fiscale, on le peut". Question de volonté donc, selon le député UMP.

S'il a connu le pouvoir comme l'indique le titre de son nouvel ouvrage, Bruno Le Maire est désormais dans l'opposition. Et porte un regard très négatif sur le président François Hollande : "l'Allemagne ne souhaite pas dominer l'Europe, mais elle a besoin d'une France forte. Il faut pour cela que la France se relève économiquement, qu'elle retrouve sa puissance. Or, M. Hollande est otage d'une partie de sa majorité (l'extrême-gauche pour ne pas la citer) qui est hostile à l'Europe". De plus, il critique fortement les récentes déclarations du président français concernant la Turquie. "En réouvrant le chapitre sur les régions, François Hollande laisse croire à la Turquie que sa candidature d'adhésion à l'Union européenne avance, ce qui est inenvisageable", explique-t-il.

Quel est l'objectif de ce plaidoyer pour une nouvelle Europe, de ce nouveau projet ? Une candidature aux élections européennes en 2014, interroge-t-on le député ? S'il ne l'envisage pas, Bruno Le Maire reconnait que l'opposition doit poser trois, quatre ans à l'avance les bases de son projet dans une perspective électorale, et que 2014 représente un rendez-vous important qu'il ne faudra pas rater si l'on ne veut pas assister à une montée du populisme en France et en Europe. Reste à savoir si ses partenaires européens, qu'il rencontre dans les capitales à l'occasion d'une tournée européenne, seront sensibles à ses conseils.

 

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