Actualités

01/12/2011 Budget 2012 : le sujet divise encore au sein du Parlement européen

Le budget de l'Union européenne pour 2012 a été adopté ce matin durant la mini-session plénière du Parlement européen à Bruxelles. D'un montant de 129,1 milliards d'euros, soit une augmentation de 1,86 % en paiements et de 147,2 milliards d'euros en engagements par rapport au budget 2011, il a provoqué de nombreuses réactions parmi les eurodéputés. Ces derniers avaient placés la barre plus haute le 26 octobre dernier, avec un projet de budget doté de 133,1 milliards d'euros pour les dépenses.


La rigueur budgétaire saluée par les députés du PPE et de l'ALDE

Le groupe pour l'Alliance des Démocrate et des Libéraux pour l'Europe (ALDE) a salué ce budget européen, qui doit "se conformer à la rigueur qui affecte l'ensemble des budgets nationaux et participer à sa mesure aux investissements nécessaires pour la croissance de demain, notamment la Recherche & Développement, ainsi que l'éducation et la formation", selon un communiqué de presse.

La rigueur est donc au programme dans ce nouveau budget, et concernera aussi les institutions de l'Union européenne. Alexander Alvaro (ALDE, Allemagne), rapporteur fictif de l'ADLE pour le budget des autres institutions, prend l'exemple du Parlement qui a réussi "malgré les nouvelles tâches issues du Traité de Lisbonne et grâce à des restructurations et des redéploiements internes, (…) à la fois à travailler dans de bonnes conditions tout en épargnant 74 millions d'euros sur le coût des voyages, la traduction et l'interprétariat, la consommation énergétique et les indemnités des membres", avant de conclure que "si tout le monde se serre la ceinture en Europe, les Institutions européennes doivent en faire de même".

L'ADLE se félicite que ses "priorités, en faveur de la recherche, de la compétitivité, de l'innovation et de l'apprentissage tout au long de la vie, (soient) suffisamment dotées", selon l'eurodéputé Carl Haglund (ALDE, Finlande).

Le Parti Populaire Européen (PPE) s’est également réjouit de l'adoption du budget 2012 comme en témoigne la déclaration de l'eurodéputé et porte-parole du budget de la Commission européenne de 2012, Giovanni La Via (PPE, Italie). D'après ce dernier, "le budget de l'UE 2012 (…) est satisfaisant, surtout étant donné la grave crise économique et les difficultés rencontrées par les budgets nationaux".
Il salue encore l'effort du groupe PPE qui durant les négociations a veillé à ce que le financement des grandes politiques, telles que la Politique agricole commune et la Politique de cohésion, soit garanti. Elles bénéficieront "des ressources adéquates pour répondre aux besoins de l'avenir" a-t-il déclaré.

Instrument de flexibilité :
Il autorise, pour un exercice budgétaire donné, le financement de dépenses clairement identifiées qui ne pourraient pas être financées dans la limite des plafonds disponibles sous une ou plusieurs rubriques.


Selon Giovanni La Via, ce budget tout en prenant "pleinement compte de la crise, (…) tente de relancer l'investissement et l'économie pour atteindre l'objectif d'une croissance intelligente, inclusive et durable pour l'Union européenne."
Il est enfin "très satisfait de la décision d'utiliser l'instrument de flexibilité, (qui) avec un montant de 200 M €, (permettra) d'une part, de relancer la compétitivité de l'économie par le financement des priorités  des politiques l'Europe 2020 (…) et d'autre part, de disposer de fonds adéquats pour relever les défis difficiles de la politique européenne de voisinage."

Pour les eurodéputés socialistes la méfiance est de rigueur dans le budget adopté ce matin

Pour les eurodéputés socialistes, a contrario, le budget adopté ce matin ne reflète pas la position du Parlement, mais celle des Etats membres. Estelle Grelier (S&D, France) membre de la commission du Budget, juge ainsi que "ce budget 2012 est finalement le budget du Conseil, auquel le Parlement européen a ajouté un petit "supplément d'âme", grâce à quelques priorités obtenues... (…) Sur le papier, nous avons obtenu de sauvegarder nos priorités, et nos programmes-clés sont préservés", avant d'ajouter que "l’hypocrisie du Conseil réside dans sa réticence à débloquer de "l'argent frais" pour les paiements, ce qui pose la question de la pérennité, sur le terrain, des programmes concernés".

Estelle Grelier insiste sur la nécessité d'un "budget européen à la hauteur, capable de mener des politiques de relance", selon elle "il en va de l’emploi et de la croissance en Europe."

Pour Catherine Trautmann (S&D, France), la solution consiste à "doter l’Union européenne de ressources propres, comme une taxe sur les transactions financières". Grâce à cela "le poids des contributions nationales dans les recettes communautaires se verrait ainsi réduit : nous (le Parlement européen) ne serions plus soumis au chantage du Conseil sur les décisions budgétaires" a déclaré la presidente de la Délégation des socialistes français au Parlement européen.



En savoir plus

Ajoutez un commentaire

* - champ obligatoire

*



Image CAPTCHA pour prévenir l'utilisation abusive
Si vous ne pouvez lire toutes les lettres ou chiffres, cliquez ici.
*
*

Lire la charte