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17/11/2011 Enfin un pas vers une gouvernance économique de l'Union européenne ?

On en parle depuis longtemps au sein du Parlement européen. La gouvernance économique, de la zone euro bien sûr mais également de l'ensemble de l'Union européenne, pourrait enfin être esquissée par une proposition que la Commission européenne s'est engagée à présenter avant le 23 novembre. Bien, mais peut mieux faire selon les eurodéputés.

Hier matin l'hémicycle européen de Strasbourg accueillait un important débat sur la gouvernance économique. Face aux députés européens, trois présidents : celui de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso, celui du Conseil européen, le Belge Herman Van Rompuy, et celui de l'Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Vers un nouveau traité ?

La Commission européenne semble bien avoir repris la main sur la gouvernance économique de l'Union, à l'issue du débat de mercredi 16 novembre en plénière. Son président José Manuel Barroso a en effet annoncé que des propositions concrètes seraient présentées le 23 novembre prochain. Alors qu'Herman Van Rompuy a présenté devant les députés européens les conclusions du Conseil du 26 octobre dernier, ces derniers ne semblent pas se satisfaire des mesures décidées par les chefs d'Etat et de gouvernement.

"La méthode franco-allemande ne peut pas être durable. Nous avons besoin d'une approche globale dirigée par la Commission. Nous avons besoin d'une union économique et fiscale", a ainsi déclaré Guy Verhofstadt, président de l'ADLE.

Pour le président de la Commission, "une gouvernance économique plus forte est maintenant une question de bon sens", la crise ayant soulignée l'interdépendance des Etats membres. Une interdépendance qui justifie que l'on aille vers plus d'intégration ... soit un abandon de la méthode intergouvernementale jusqu'ici préférée à la méthode communautaire. "L'euro fait partie de l'UE ! Il faut donc traiter selon l'approche communautaire", a expliqué M. Barroso.

Une approche qui pourrait justifier une modification du traité, voire un changement de traité. Un pas que semble prêt à franchir le président de la Commission "si cela renforce vraiment l'UE". Il a cependant précisé que cela prendrait du temps, et qu'il faudrait impliquer les citoyens dans ces évolutions, notamment via le Parlement européen.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a également soutenu cette approche, notant qu'il s'agit aujourd'hui de changer la méthode de travail des institutions. "Nous avons besoin d'un gouvernement économique", a-t-il précisé, souhaitant notamment que "le semestre économique [soit] plus politique et moins technique. Les ministres des finances nationaux ne devraient pas être les seuls à s'occuper de la coordination de la politique économique européenne".

Un hémicycle à moitié convaincu

S'exprimant tour à tour, les présidents des différents groupes politiques ont averti d'une même voix des dangers d'une modification du traité : celle-ci devra se faire en toute transparence et dans le respect de la démocratie. Ils ont ainsi demandé une implication du Parlement européen et des parlements nationaux.

Ils ont été cependant plus divisés dans leurs réactions au discours de José Manuel Barroso. Représentant la majorité au Parlement, le groupe PPE, à travers la voix de Joseph Daul, a déclaré que "cette crise est le résultat d'une erreur qui a consisté à faire une monnaie sans la gouvernance nécessaire". "Je lance un appel à la commission européenne, faites tout pour blinder la cohésion de l'Europe !", a-t-il poursuivi.

D'autres au contraire ont souligné le manque d'ambition des propositions de la Commission. "Quand allons-nous finalement parler d'investissements ?" s'est interrogé Martin Schulz, président du groupe S&D. "Il n'y a qu'une solution, ce sont les euro-obligations !" a poursuivi dans la même optique Guy Verhofstadt, qui a également considéré qu'il ne fallait pas multiplier les postes à la tête de l'Union, et trancher une fois pour toute sur un gouvernement de la zone euro. 

"Les Etats membres ne sont plus en mesure de réaliser les investissements nécessaires avec leurs propres moyens. Nous avons besoins  d'euro-obligations ainsi que d'une mutualisation de la dette" a également déclaré Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe de Verts/ALE. Ce dernier souhaite également une "fédéralisation de la méthode intergouvernementale". Une vision qui n'est pas toujours partagée : le président du groupe ECR, Jan Zarahdil considère ainsi que "la méthode communautaire n'est pas forcément la bonne".

Les débats devraient se poursuivre après la présentation des propositions de la Commission la semaine prochaine. Et enfin aboutir ?

 

Sources

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