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13/05/2011 La culture : un outil diplomatique ?

La diplomatie européenne sera d'autant plus efficace qu'elle s'appuiera sur la culture : c'est ce que défend un rapport adopté hier par le Parlement européen.

Marietje Schaake

La richesse culturelle européenne au service de sa diplomatie

En relations internationales, la diplomatie consiste à amener les autres à faire et penser ce que nous souhaitons qu'ils fassent et pensent. Les Etats disposent pour arriver à leurs fins d'une palette de moyens plus ou moins radicaux, comme la force guerrière ou la puissance économique. Cette dernière est l'arme la plus puissante dont dispose aujourd'hui l'Union européenne : menacer un interlocuteur de lui fermer nos marchés ou de suspendre nos programmes d'aide à son égard peut s'avérer particulièrement incitatif !

Mais il en existe une autre, moins frontale et plus subtile, dont le Parlement fait la promotion aujourd'hui : l'influence, notamment culturelle, qu'un Etat peut exercer sur ses pairs. Pour Marietje Schaake, eurodéputée néerlandaise ADLE auteure d'un rapport sur le sujet, l'Europe, en tant que réservoir culturel d'une impressionnante diversité serait bien avisée de mettre cette richesse à profit, afin notamment d'asseoir sa place au sein du concert des Nations.

Promouvoir et diffuser la culture européenne, c'est susciter des sentiments plus diffus de l'ordre de l'attachement et de l'admiration, qui peuvent parfois être plus efficaces que la crainte, que l'Union européenne en tant qu'entité ne semble de toutes façons pas en mesure d'inspirer.

Les avantages d'une telle démarche : renforcer la compréhension mutuelle, promouvoir les valeurs européennes, sans compter les retombées économiques.

Développer une stratégie culturelle intégrée à la stratégie diplomatique

L'influence culturelle existe, et l'Europe dispose d'un rayonnement mondial en matière historique, artistique ou touristique, par exemple. Mais plutôt que d'être laissée au hasard, le rapport propose d'en faire une stratégie coordonnée par l'UE et intégrée à sa stratégie extérieure globale, telle que conduite par le service européen d'action extérieure. Actuellement, cette dimension lui fait cruellement défaut, selon le rapport.

Culturellement parlant, le rock and roll a constitué un élément décisif dans l'affranchissement des sociétés communistes, qu'il a ainsi rapprochées d'un monde de liberté.

A. Simonyi, ancien ambassadeur de Hongrie aux Etats-Unis, cité par le rapport de Marietje Schaake

A titre de comparaison, Marietje Schaake cite l'initiative chinoise d'ouvrir partout dans le monde des "centres Confucius" pour assurer son rayonnement culturel, ainsi que les sur Etats Unis qui s'appuient très largement sur leur industrie du divertissement, par exemple, pour asseoir son influence internationale. 

Des pistes à explorer

Concrètement, cela pourrait passer par la création d'une division exclusivement consacrée à la culture dans l'organigramme du SEAE, ou par la nomination dans chaque ambassade de l'UE d'une personne chargée de coordonner les relations culturelles avec les pays tiers. Le rapport invite aussi à s'inspirer des bonnes pratiques de la France (via le réseau de la francophonie) ou encore de l'action du British Council.

Il préconise aussi la création d'une "marque Europe", sur laquelle Marietje Schaake avait déjà eu l'occasion de s'exprimer : "La 'Marque déposée Europe' consisterait en fait à ne plus penser en termes de différences entre les Etats membres mais par rapport à notre position dans l'économie mondiale. Sinon, nous allons rater des opportunités et nous allons perdre notre place au niveau mondial, alors que nous avons de loin le paysage culturel le plus attirant".

Enfin, le rapport réserve la part belle à l'utilisation d'Internet, et notamment du Web social, pour appuyer la création et la diffusion culturelle.

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