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15/02/2012 L'accord de libéralisation du commerce de produits agricoles UE/Maroc en voie d'être adopté ?

Initialement prévu aujourd'hui, le vote portant sur l'accord de libéralisation du commerce des produits de l'agriculture et de la pêche entre l'Union européenne et le Royaume du Maroc a finalement été reporté au jeudi 16 février. Les avis au Parlement européen sont très partagés sur cet accord, même si une tendance plutôt favorable se dégage. Le rapporteur du texte, le français José Bové, membre du groupe des Verts, s'oppose clairement à son adoption.

L'accord prévoit une réduction importante, échelonnée sur dix ans, des tarifs douaniers à l'entrée des produits européens au Maroc et inversement. La Commission européenne, qui a négocié cet accord, espère notamment doper les exportations de céréales et de produits laitiers vers le Maroc, pays qui devrait connaître une forte croissance démographique. Pour Rabat, les fruits et légumes pourraient accéder plus facilement au marché européen. L'Espagne, qui dénonce cet accord, craint cette nouvelle concurrence. Les paysans espagnols ont manifesté leur mécontentement hier en versant 200 kilos de tomate devant le bureau du Parlement européen à Madrid.

Historique des relations Maroc/UE :

  • 1969 : Premier accord commercial avec l'UE ;
  • 2000 : Entrée en vigueur de l'accord d'association, qui fixe notamment les conditions nécessaires à la libéralisation progressive des échanges de biens, services et capitaux ;
  • 2003 : lancement de la Politique européenne de voisinage qui approfondit le partenariat euro méditerranéen.

Pour le rapporteur José Bové, l'accord ne bénéficierait qu'à "une poignée de grandes entreprises des deux côtés de la Méditerranée, aux dépens de l'agriculture familiale." La hausse des exportations serait de 50 % du côté de l'UE, contre 15 % pour le Maroc, alors que 20 % de la population marocaine travaille dans le secteur agricole. Il ajoute que l'accord agricole aurait pour effet de "réduire durablement la capacité du Maroc à renforcer son autonomie alimentaire", et il concernerait principalement les "entreprises européennes qui exportent des céréales ou de la poudre de lait". José Bové ajoute qu'un rejet de cet accord "permettra d'ouvrir de nouvelles négociations avec le Maroc, sur de nouvelles bases".      

A contrario, Cristiana Muscardini (Italie - PPE) espère que l'issue du vote sera favorable. Cet accord constitue une occasion unique "d'encourager le développement de la zone Euromed et de pays comme le Maroc, qui a dernièrement entrepris de larges réformes démocratiques." Il bénéficierait aux deux parties, aux agriculteurs européens qui "pourront échanger et exporter leurs produits dans la zone Euromed", et au Maroc, "en incitant au développement de son secteur agricole par des exportations et importations européennes". Cristiana Muscardini parle d'une "responsabilité à l'égard d'un pays voisin" concernant cet accord, qu'elle considère "comme la porte d'entrée sur les marchés méditerranéens".


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