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10/06/2011 Le Parlement européen soutient l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à Schengen

Le Parlement européen débattait mercredi 8 juin de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen. Initialement prévue en mars, cette entrée avait été retardée suite aux interventions de la France et l’Allemagne, qui jugeaient alors que ces pays n’étaient pas prêts à assurer le contrôle de leurs frontières. Pour les eurodéputés, ces réserves n’ont désormais plus lieu d’être.

Un avis favorable

Les critiques, régulièrement émises à l’encontre de l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie, n’ont pour autant pas été oubliées. Certains parlementaires ont à nouveau exprimé leurs craintes. Ils ont par exemple rappelé les problèmes persistants de criminalité transfrontalière, de corruption ou encore de traite des êtres humains dans les deux pays.

Mais pour une large majorité des eurodéputés (487 voix pour, 77 voix contre, 29 abstentions), la Bulgarie et la Roumanie ont fait les efforts nécessaires pour renforcer le contrôle de leurs frontières, comme le prouvent les derniers rapports d’évaluation. Préalablement à leur entrée dans l’espace Schengen, les pays doivent en effet  appliquer l’acquis de Schengen, portant notamment sur la protection des données, les frontières aériennes, les frontières terrestres, les frontières maritimes, la coopération policière et les visas.

Bien que certains problèmes persistent, les eurodéputés ont estimé que la Bulgarie et la Roumanie étaient suffisamment préparés pour appliquer l’ensemble des dispositions de l’acquis de Schengen. Ainsi, pour Jerzy Buzek, président du Parlement, "le système de Schengen fournit les plus hautes normes de gestion des frontières. La Roumanie et la Bulgarie sont conformes à ces normes aujourd'hui. Par conséquent, nous ne devons pas retarder leur intégration. J'appelle le Conseil à suivre les recommandations du vote exprimé aujourd'hui par la grande majorité du Parlement européen".

"Nous sommes en mesure d'accueillir la Bulgarie et la Roumanie dans l'Espace Schengen" a également déclaré le rapporteur du texte, Carlos Coelho (Parti populaire).

Deux pays à la position stratégique

Toutefois, Carlos Coelho a souligné la nécessité de reconnaître que l'immigration clandestine a fait de la Bulgarie et de la Roumanie l'une des frontières européennes les plus sensibles. A leur entrée dans l’espace Schengen,  les deux pays deviendront les gardiens des frontières extérieures orientales de l'Union européenne.

C’est pourquoi le Parlement a émis une série de recommandations. Il appelle notamment la Bulgarie à adopter une approche commune avec la Grèce et la Turquie afin de pouvoir faire face à une augmentation possible de la pression migratoire.

Le Conseil aura le dernier mot

Cet avis favorable du Parlement a été discuté jeudi 9 juin par les ministres de l’Intérieur de l’UE, mais aucune décision ne devait être prise à cette occasion. Ils ont nénamoins félicité les deux pays pour les progrès accomplis.

Pour Claude Guéant, le ministre français de l'Intérieur, une adhésion en deux temps se dessine : "Une première étape serait à l'automne (2011) avec une ouverture des frontières aériennes en présence d'officiers de police d'autres Etats. La seconde étape interviendrait plus tard, en 2012, avec l'ouverture des frontières terrestres, là encore avec l'aide de garde-frontières d'autres pays de l'UE".

Les gouvernements attendent encore le rapport de la Commission européenne sur les réformes de la justice et la corruption dans les deux pays, prévu pour juillet 2011.

Puis, la décision finale sera prise au Conseil par un vote à l’unanimité de tous les gouvernements des Etats appartenant déjà à l'espace Schengen. Si la Bulgarie et la Roumanie espèrent être admises dans Schengen avant la fin de l’année, ils devront avant tout convaincre six pays en particuliers. Les Pays-Bas, la France, l’Allemagne, la Suède, la Finlande et le Danemark sont en effet les plus réticents à une adhésion rapide.

Les Pays-Bas, notamment, ont exigé jeudi une une période de probation d'au moins un an pour s'assurer de la capacité des deux nouveaux membres à contrôler les frontières de l'espace sans passeport de l'UE.

 

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