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11/05/2011 Le Parlement, meilleur avocat de Schengen ?

Après la Commission, c'était hier au tour du Parlement de s'emparer du débat qui agite l'Union depuis plusieurs semaines : l'espace Schengen. La plupart des eurodéputés a fait front pour la protection du principe de libre-circulation, seuls certains membres du PPE s'étant prononcés en faveur d'un durcissement des contrôles aux frontières.


A l'occasion d'un débat sans vote que les parlementaires ont pu prendre position sur les pistes lancées par la Commission la semaine dernière. Celle-ci envisageait notamment de faciliter la mise en place de contrôles aux frontières internes de l'espace Schengen. Actuellement possibles uniquement en cas de menace grave à l'ordre public, la Commission proposait d'élargir aux situations de "défaillance" d'un pays situé aux frontières extérieures de la zone ou quand "la poussée migratoire est trop lourde sur un point de cette frontière".

Une formulation jugée floue par le Parlement, qui reproche aussi à la Commission européenne un grand écart entre ses propositions et la défense des principes de Schengen. Compte tenu de cette levée de bouclier parlementaire, on est encore loin de la remise en cause effective telle que réclamée par la France et l'Italie.

Au sein des principaux groupes politiques, les réactions sont plutôt mitigées, voire carrément hostile. Petit tour d'horizon.

" A la vague d'immigrés qui gagnent nos côtes dans des conditions précaires, qui meurent en mer, nos pays réagissent trop souvent par la division, les querelles, les fermetures de frontière voire la remise en cause d'un instrument de liberté de circulation aussi essentiel que Schengen." Joseph Daul, PPE

Le contrôle aux frontières sera un contrôle de faciès. Les blancs, ça rentre, les bronzés ça ne rentre pas. C'est contre cette Europe que nous voulons nous battre.
D. Cohn-Bendit, Les Verts


"Ce que l'on a vu au cours de dernières semaines est honteux : alors que l'Italie délivrait des permis de résidence temporaires aux réfugiés tunisiens, la France a réagi en réintroduisant les contrôles aux frontières intérieures, comme si l'Europe avait subitement cessé d'exister. […]On parle de 27 000 Tunisiens. Vous vous rappelez que dans le temps on a trouvé des solutions pour 350 000 Kosovars qui étaient venus en Europe." Guy Verhofstadt, ADLE

"400 000 personnes qui fuient de la Libye à la Tunisie : ça c'est une crise. Mais 20 000 qui traversent la Méditerranée en direction de l'Europe : ce n'est pas une crise pour l'Europe. Il n'y aucune raison pour laquelle nous devrions céder devant les attitudes populistes des dirigeants de deux pays membres." Martin Schulz, S&D

"L'Italie peut sans aucun doute gérer le nombre de réfugiés actuellement présents. Bien évidemment cela nécessite le soutien et la solidarité immédiate des Etats-membres. Il ne faut pas remettre en cause le système de Schengen, mais adopter une politique globale de l'immigration le plus rapidement possible, de telle sorte que les demandeurs d'asile puissent bénéficier d'une meilleure protection." Cornelia Ernst, GUE

Seule une frange du PPE fait entendre un son de cloche différent, en restant toutefois mesurée quant aux modifications effectives qui pourraient intervenir :

"La proposition de la Commission qui a pour but de renforcer l'échelon européen dans le domaine des migrations est juste. Nous refuserons toute tentative de restriction de la liberté de mouvement, symbole essentiel de l'Europe. Il ne doit y avoir aucune division au sein de l'Union." Manfred Weber, PPE.

Prochaine étape : le conseil justice et affaires intérieures qui se tiendra jeudi. Ce sera l'occasion pour les représentants des Etats membres de découvrir la stratégie que proposera la commissaire Cecilia Malmström pour une meilleure gestion des frontières extérieures du sud de l'UE.

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