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06/02/2013 Le Président tunisien fait souffler le vent de la liberté au Parlement européen

C'est devant un Parlement européen ému aux larmes que le Président tunisien a adressé un discours poignant mercredi 6 février. Les révolutions arabes sont "d'abord et avant tout des révolutions sociales" et "démocratiques" et non pas "nationalistes et xénophobes," a déclaré Moncef Marzouki. Il a condamné l'assassinat, le jour même à Tunis de Chokri Belaïd, une figure de l'opposition laïque. La majorité des députés européens a souligné la dimension émotionnelle et la qualité du discours du Président tunisien. "Cela a été un des moments les plus émouvants ici au Parlement depuis longtemps", a reconnu Martin Schulz.

Malgré une actualité secouée par l'assassinat de son ami Chokri Belaïd, le Président tunisien a tenu a s'adresser aux eurodéputés. L'"odieux attentat" d'aujourd'hui est une "menace, une lettre qui nous a été envoyée, mais qui ne sera pas reçue" a-t-il assuré.

"Nous continuerons à démasquer les ennemis de la révolution", a assuré  Moncef Marzouki. Il a concédé que les révolutions arabes pouvaient conduire à  des risques de désordres, d'immigration vers l'Europe et d'extrémisme islamiste armé.

Ovationné par l'hémicycle, le Président tunisien a insisté: "ce n'est pas l'islamisme qui triomphe dans le sillage du printemps arabe," mais "bel et bien la démocratie."

"Nous sommes absolument déterminés à continuer notre stratégie d'absorption de la fraction modéré de l'islamisme," a dit M. Marzouki, tout en avouant que le processus de démocratisation "se révèle être plus difficile, plus complexe et surtout plus long que prévu. Mais il a précisé que "la nouvelle constitution devrait être finalisée dans "deux ou trois mois" et les acquis de la femme seront protégés. Il a également longuement insisté sur le soutien du Parlement européen et de l'Union européenne à son pays. Le discours de  Moncef Marzouki s'est conclu par des mots d'espoir : "Que la paix soit avec vous !".

Très émus par cette allocution, Daniel Cohn-Bendit ainsi que le chef de file des conservateurs Joseph Daul, ont été aperçus les yeux rougis.

Pour le député européen Alain Lamassoure, un véritable vent de liberté a soufflé sur le Parlement européen. L'eurodéputé a salué  "l'optimisme"  et la "volonté rafraichissante" du dirigeant tunisien. "Ce fût un très très grand moment" a raconté le député.

La socialiste Catherine Trautmann a également souligné un discours "profondément émouvant car d'une grande sincérité". "Beaucoup de collègues ont été surpris" par la teneur de l'intervention du chef de l'Etat, qui a mêlé "histoire personnelle et histoire collective d'un pays", a-t-elle analysé.

Le Président du Parlement européen Martin Schulz a condamné "sans réserve" "l'assassinat brutal" de Chokri Belaïd et a exprimé les condoléances du Parlement à sa famille et au peuple tunisien. Les parlementaires ont respecté une minute de silence à la mémoire de celles et ceux qui ont perdu leurs vies "pour la liberté de la Tunisie."

Le président tunisien Moncef Marzouki a écourté sa visite en France et annulé sa présence au sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) jeudi dans la capitale égyptienne pour rentrer d'urgence à Tunis.


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