Ca s'est passé en plénière

Zoom sur la session plénière

26/09/2011 Deux sessions sinon rien en septembre !

Ils sont déjà de retour ! Un peu plus de dix jours après l'avoir quitté les députés européens ont réinvesti la capitale alsacienne pour la seconde session plénière du mois de septembre. Il faut dire que les sujet sont nombreux en ce mois de rentrée. Du 26 au 29 septembre, les parlementaires pourraient voter une résolution sur la Palestine, débattront de l'euro avec Jean-Claude Juncker, écouteront le discours sur l'état de l'Union de José Manuel Barroso et se prononceront (enfin !) sur le "six-pack".

Stimuler le tourisme en Europe

Les eurodéputés seraient-ils pressés de repartir en vacances ? C'est ce que pourrait laisser croire l'inscription à l'ordre du jour de cette deuxième session de septembre la présentation d'un rapport sur le tourisme en Europe. Mais le sujet est évidemment bien plus sérieux.

"Le tourisme, qui contribue à hauteur de 10 % au PIB et de 12 % à l'emploi total, est, par son importance, la troisième activité socioéconomique de l'Union" rappelle dans son rapport l'Italien Carlo Fidanza (PPE). Le député souhaite en effet inviter ses collègues à analyser les propositions présentées par la Commission européenne dans une communication [pdf] pour un "nouveau cadre politique pour le tourisme en Europe".

En effet, afin d'améliorer la compétitivité du secteur touristique en Europe, cette proposition prévoit quatre grands axes :

  • œuvrer en faveur d'une diversification de l'offre, en encourageant l'innovation, en améliorant les compétences professionnelles et, enfin, en incitant à allonger la saison touristique;

  • promouvoir le tourisme durable, responsable et de qualité pour faciliter une saine gestion des entreprises en instaurant des labels européens (label "Europa", "Écolabel", marque "Qualité Tourisme") et en encourageant des projets tels qu'EDEN ou des réseaux tels que NECSTourR

  • renforcer l'image de l'Europe dans le monde, considérée comme un ensemble de destinations distinctes et coordonnées,

  • tirer le meilleur parti possible des politiques et des instruments financiers existants pour renforcer la compétitivité de ce secteur d'activité.

Le rapporteur présentera donc ses recommandations ce lundi 26 septembre, notamment en ce qui concerne les visas touristique. M. Fidanza espère en effet que "le droit légitime et le devoir de l'Europe de surveiller l'accès à son territoire ne rendra pas nos destinations touristiques moins attrayantes et estime opportun que les institutions et les États membres soient sensibilisés à la nécessité de coordonner et de simplifier les procédures de délivrance des visas touristiques et examinent la possibilité de créer des bureaux consulaires communs pour harmoniser davantage les formalités et réduire les contraintes administratives".

Le "six-pack" enfin voté ?

On l'a annoncé plusieurs fois à tort depuis le printemps mais le vote sur les six propositions législatives devrait bel et bien avoir lieu mercredi 28 septembre. Cet ensemble de textes porte sur la discipline budgétaire et la gouvernance économique au sein de l'Europe. Il a crée de nombreux conflits entre le Parlement européen et le Conseil, d'une part, et au sein même du Parlement d'autre part.

Faut-il sanctionner ? Si oui pourquoi ? Rapporteur sur l'un des six textes du paquet Sylvie Goulard (France, ADLE) nous a fait le plaisir de répondre aux nombreuses questions des internautes vendredi 23 septembre. Retrouvez l'intégralité des échanges ici.

En effet, l'opposition européenne y voit trop de rigueur et pas assez de gouvernance, critiquant le fait que ce paquet se borne essentiellement à sanctionner les pays ne respectant pas les critères du Pacte de stabilité et de croissance, ne créant ainsi pas les conditions nécessaires à la relance de la croissance et de l'emploi dans l'Union. Pour le Conseil, c'est essentiellement la règle de la majorité renversée (qui implique que les Etats n'auront pas le pouvoir de sanctionner, mais uniquement celui de refuser, par un vote, une sanction automatique imposée par la Commission) qui créait le blocage.

Le vote de mercredi est certainement le plus attendu de cette rentrée, alors que l'Europe lutte toujours pour se sortir de la crise.

Des présidents, des débats

 Sans filet

Afin de rendre l'exercice plus dynamique, l'heure des questions aux commissaires, qui a lieu le mardi, change de formule. En effet, les commissaires ne recevront plus les questions à l'avance mais répondront aux questions sur un sujet précis pendant 90 minutes. Les premiers à s'y coller seront les commissaires De Gucht, Füle, Georgieva, et Piebalgs sur le thème du "commerce et les relations de l'UE avec les pays tiers".

Tradition oblige, le président de la Commission européenne se prêtera comme tous les ans à l'exercice du discours de bilan devant les députés européens. Le "discours sur l'état de l'Union" de José Manuel Barroso sera suivi d'un débat dans l'hémicycle. Le programme de travail de la Commission européenne pour 2012 sera défini en octobre.

La veille, c'est le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker qui se confrontera aux élus européens pour un débat sur l'évolution de la situation dans la zone euro. Les questions les plus urgentes, dont celle de la Grèce, seront bien entendu posées, mais M. Juncker devra également présenter sa vision à long terme.

Faut-il reconnaitre la Palestine comme un Etat ?

La réponse ne relève pas de l'Union européenne, mais de l'Organisation des Nations Unies. Le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a en effet déposé officiellement vendredi, devant l'ONU, une demande de reconnaissance de l'Etat palestinien.

Le Parlement européen votera une résolution sur ce thème mardi 27 septembre, non sans en avoir débattu au préalable avec la haute représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

Relever le défi de la politique commerciale de l'Union européenne

Mais aussi ... Nous avons choisi quelques-uns des sujets de la session planière mais ce ne sont pas les seuls ! Pour connaître l'intégralité de l'ordre du jour cliquez ici.

Mercredi 27 septembre au matin aura lieu un débat important autour du rapport de l'Allemand Daniel Caspary sur l'avenir de la politique commerciale de l'UE. Il y demande à la Commission européenne de préparer une véritable stratégie de long terme pour les relever.

Pour M. Casapry, les défis auxquels va devoir faire face le commerce extérieur de l'UE sont au nombre de trois :

  • la part de l'Europe et des Etats-Unis dans le Produit intérieur brut mondial diminue. De 48 % en 2000, il ne devrait plus représenter que 35 % en 2020. Les exportations européennes sont passées de 19 à 17 % des exportations mondiales entre 1999 et 2009. Le centre de gravité de l'économie mondiale se déplace vers les pays émergents.

  • la population européenne n'augmente que peu (+5 % attendus d'ici 2035, puis baisse). Pire, la population en âge de travailler a déjà commencé à reculer.

  • l'UE est hautement dépendante de son commerce. Trente-six millions d'emplois, soit 18 % des emplois européens, sont liés - directement ou indirectement - au commerce extérieur. En 2015, 90 % de la croissance mondiale sera générée en dehors de l'UE : le phénomène de dépendance devrait donc s'accentuer.

Le rapport prône la conclusion de plus d'accords de libre-échange et se prononce en faveur d'un dialogue renforcé avec les grands partenaires commerciaux de l'Europe en vue d'éliminer les barrières commerciales, déguisées ou non. L'ensemble des eurodéputés seront-ils d'accord avec ces conclusions ? Réponse mercredi. 

 

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