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12/03/2013 Devant le Parlement européen, Shimon Peres appelle à lutter pour la paix et contre le Hezbollah

Sa venue était autant attendue que controversée, Shimon Peres n'ayant pas caché son intention de demander à l'Union européenne d'inscrire le Hezbollah sur sa liste noire des organisations terroristes. Mais pendant 45 minutes, le premier président israélien à s'exprimer devant le Parlement européen depuis plus de 30 ans, a également appelé à la paix au Proche-Orient, dénonçant la menace iranienne et préconisant une intervention de la Ligue arabe en Syrie, pour mettre fin au conflit.

"Je ne veux pas ruminer le passé mais continuer à rêver", a déclaré Shimon Peres, 89 ans, pour débuter son intervention devant les députés européens réunis dans l'hémicycle strasbourgeois. L'Europe, qu'il a fuit en 1934 échappant ainsi à un destin tragique, a "corrigé ses erreurs et construit un monde meilleur", même si des 6 millions de juifs européens exterminés pendant la Shoah il ne reste "que des cendres".

La paix en Europe, le président israélien l'a évoquée, mais c'est surtout la paix au Proche-Orient qu'il a appelé de ses voeux. Dans le voisinage proche d'Israel avant tout, et il a expliqué sur ce sujet qu'Israel a mené "sept guerres, les as toutes gagnées, mais a rendu les terres une fois la paix revenue". Une paix, rappelle-t-il, dont il a jeté les bases avec Isaac Rabin et qui doit être poursuivie. "Les points litigieux avec les Palestiniens peuvent et doivent être réglés", a-t-il avancé. Interrogé sur la question des colonies israéliennes en Cisjordanie lors de la conférence de presse qui a suivi l'allocution, le président du Parlement européen Martin Schulz a précisé que si le Parlement n'avait pas encore vité de position officielle, il était globalement "hostile à la politique de construction de nouvelles colonies menée par le gouvernement israélien actuel". Une position à laquelle M. Peres rétorque qu'Israel a retiré ses colonies de la Bande de Gaza, mais que les Israéliens se demandent si quitter la Cisjordanie ne va pas faire de cette région un espace de terrorisme et de danger.

Face à ce terrorisme et ce danger, Israel en appelle à l'aide et à la coopération de l'Union européenne. "Les menaces et dangers collectifs doivent recevoir une réponse collective", a rappelé Shimon Peres. Il a rappelé le partenariat existant en Israel et l'Union européenne, ainsi que les alliés lointains, comme les Etats-Unis, ou plus proches, comme la Jordanie représentée par son roi ou Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestienne. 

Mais il a dénoncé le régime iranien, "dictature drapée d'un manteau religieux", qui "pend ses citoyens, jette ses journalistes en prison, discrimine ses femmes" et menace l'ensemble du Proche-Orient et au-delà. Shimon Peres considère que les Etats-Unis et l'Union européenne qui ont tiré les conséquences des dangers que représentent l'Iran doivent aller plus loin. Pourquoi ne s'intéresser qu'à la production d'uranium et non à celle d'ogives nucléaires ? s'est-il interrogé. "Une voix claire doit s'élever contre la violation des droits de l'Homme en Iran", a-t-il poursuivi, contre ce pays qui menace les pays arabes et l'Etat hébreu. Il a également dénoncé son "principal nervi", le Hezbollah, "qui est une organisation terroriste et non un mouvement politique", et qui détruit le Liban, participe aux massacres en Syrie, et est responsable d'une vingtaine d'attentats récents, au Proche-Orient mais également en Europe, et plus particulièrement en Bulgarie.

Demandant clairement et ouvertement à l'Union européenne d'inscrire le Hezbollah sur la liste noire de ses organisations terroristes (ce qui requiert l'unanimité des Etats membres), Shimon Peres a rappelé aux eurodéputés  qu'il faut "appeler terrorisme le terrorisme". Citant Jean Monet pour qui "tout le monde peut être ambitieux mais il faut savoir si on a l'ambition d'être ou d'agir", il a appelé l'Union européenne à agir de concert avec Israel pour "construire un monde meilleur". "Qui peut agir sinon deux miracles qui se sont relevés ?", a-t-il interrogé les eurodéputés.

Sur le dossier syrien enfin, le président israélien, qui pense qu'une intervention occidentale serait perçue comme de l'ingérence dans les affaires intérieures du pays, a souhaité que, pour mettre fin aux agissements de Bachar El-Assad, la Ligue arabe puisse intervenir, avec le soutien de l'ONU, peut-être en formant une "Ligue arabe des casques bleus". "Le monde ne peut pas rester les bras croisés devant le massacre du peuple syrien", a-t-il affirmé devant l'assemblée attentive des parlementaires européens. 

 

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