Ca s'est passé en plénière

Zoom sur la session plénière

13/10/2011 Le Parlement européen dit 'oui' à l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace Schengen

Mercredi 12 octobre les eurodéputés réunis en session plénière à Bruxelles ont clairement affirmé leur soutien à l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace Schengen. Les deux Etats membres, qui remplissent aujourd'hui toutes les conditions pour rejoindre cet espace de libre circulation, doivent faire face à l'opposition de deux de leurs partenaires européens.

Le Parlement reste soudé derrière la Bulgarie et la Roumanie

L'espace Schengen

Il désigne un espace de libre-circulation entre les Etats signataires de l'accord de Schengen entré en vigueur le 26 mars 1995.Il compte aujourd'hui 22 pays membres de l'Union européenne et quatre Etats associés : l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Chypre, la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas encore membres, les contrôles aux frontières y étant maintenus. D'autres Etats pourraient rejoindre l'espace à plus long terme, comme la Serbie, la Croatie ou l'Ukraine.

En savoir plus

Lors du débat qui s'est tenu hier en session plénière à Bruxelles, les membres du Parlement européen ont réaffirmé à une quasi-unanimité leur soutien à l'entrée des deux pays dans l'espace Schengen. Une adhésion qui avait déjà été approuvée le 8 juin dernier par un vote des eurodéputés qui considérent que la Roumanie et la Bulgarie remplissent les conditions d'admission.

Un point de vue qui n'est pas partagé par deux Etats membres de l'Union européenne, les Pays-Bas et la Finlande. ces derniers se sont en effet opposés le 22 septembre dernier à cette adhésion. Ils considèrent en effet que ces pays ne sont pas prêts, notamment du fait de la corruption et du crime organisé et demandent que des critères supplémentaires soient remplis.

Dans une résolution qui sera votée aujourd'hui, les parlementaires européens demanderont officiellement au Conseil de l'Union européenne et à la Commission s'ils estiment que l'insertion de conditions qui n'étaient pas prévues au préalable est "juste" et "légale". Le président du Parlement Jerzy Buzek (Pologne, PPE), a d'ores et déjà tranché de son côté, "les Etats Membres qui bloquent l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen doivent revoir leur position".

Une formule de compromis est actuellement en discussion au Conseil. Elle prévoit une adhésion par étapes: ouverture des frontières aériennes et maritimes de Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie au 31 octobre 2011, puis des frontières terrestres en juillet 2012. Mais la France et l'Allemagne refusent tout engagement sur une date pour les frontières terrestres.

Etat des lieux des positions au sein du Parlement

Sur ce sujet, les députés européens se sont montrés plus que soudés lors du débat qui a eu lieu mercredi 12 octobre en plénière. L'adoption de la résolution de ce jour ne devrait poser aucune difficulté.

Pour le Britannique Claude Moraes, porte-parole du groupe S&D, "il est inacceptable que le Conseil permette à des discours populistes de compromettre les fondements mêmes et les règles de l'UE". "Cette résolution ne concerne pas seulement la Roumanie et la Bulgarie, il s'agit dune déclaration en faveur de la défense du droit pour tous les citoyens de l'UE d'être traités de manière égale", a-t-il précisé.

Une position partagée par le Parti populaire européen, majoritaire au sein de l'hémicycle. "La Bulgarie et la Roumanie ont rapidement et clairement rempli tous les critères nécessaires pour qu'un pays rejoigne l'espace Schengen. Le Conseil ne devrait pas succomber aux pressions populistes et devrait prendre les mesures nécessaires afin de permettre à l'Europe de les accueillir dans la 'famille Schengen' dès que possible", a déclaré Simon Busuttil (Malte), coordinateur du groupe pour les libertés civiles, la justice et les affaires intérieures.

Directement concernée puisque néerlandaise, Judith Sargentini (Verts/ALE) considère que "la mascarade a assez duré. Le droit de veto des Pays-Bas et de la Finlande sur l'approbation de l'entrée de la Roumanie et la Bulgarie dans l'espace Schengen n'est clairement rien de plus que la démagogie populiste de deux gouvernements qui cherchent à plaire aux extrémistes. Ils ont marqué leurs points populistes et doivent maintenant cesser le blocage de cette décision".

Enfin, la Roumaine Renate Weber (ADLE) a clairement dénoncé la situation qui frappe son pays. "La Bulgarie et la Roumanie n'ont pas perdu le match sur le terrain mais à cause d'un complot de vestiaire. Techniquement, ces pays étaient très bien préparés, mais ils ont échoué à la qualification pour la 'Ligue de Schengen', car certains arbitres ont décidé de changer les règles initiales durant la partie, sapant tout fair-play. Je suis convaincue que cela aura de graves conséquences" a-t-elle présagé.

 

Sources

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